Puy-de-Dôme : les secousses sismiques ont-elles enfin cessé ? .

Après plusieurs secousses ressenties dans le Puy-de-Dôme, la question est de savoir si l’épisode sismique est terminé ou si le secteur reste soumis à des répliques. Pour répondre sérieusement, il faut distinguer les séismes enregistrés par les instruments, ceux qui ont été ressentis par la population et les éventuelles répliques d’un événement principal.

Au fil des jours, les secousses se sont multipliées dans le Livradois-Forez, avec plusieurs événements suffisamment forts pour réveiller les habitants. Après un nouvel épisode le 25 octobre, les enregistrements disponibles montrent un net ralentissement. Au 31 octobre, aucun nouvel événement du même épisode n’apparaît dans la dernière liste consultée du CEA pour le Puy-de-Dôme. Le calme semble donc revenu, même si les spécialistes ne peuvent pas garantir qu’aucune nouvelle secousse ne se produira.

Une succession de plus de 700 microséismes

L’épisode a commencé le 16 octobre 2026 dans le secteur de Montbrison, dans la Loire, avant que l’activité ne se manifeste dans le Puy-de-Dôme. Les secousses se sont ensuite concentrées dans l’est du département, autour d’Ambert et dans le parc naturel régional du Livradois-Forez. Selon les informations rapportées le 28 octobre, plus de 700 événements sismiques avaient été enregistrés depuis le début de la séquence. Ce total comprend de nombreux microséismes, dont une grande partie n’a pas été ressentie par la population.

Le phénomène a pris une dimension plus visible dans la nuit du 21 au 22 octobre. À 4 h 03, une secousse de magnitude 3,6 a été enregistrée par le Réseau national de surveillance sismique (RéNaSS). D’autres estimations publiées dans la presse ont évoqué une magnitude de 3,8. Cette différence tient aux méthodes de calcul et aux révisions possibles après les premières détections. Pour le suivi de l’épisode, il convient donc de conserver la valeur de 3,6 communiquée par le réseau national, tout en signalant l’estimation de 3,8 rapportée par certains médias.

Deux autres secousses de magnitude 2,9 ont été enregistrées le même matin, à 6 h 14 et 7 h 26. Les habitants ont décrit des grondements sourds, des vibrations et des portes ou des vitres qui tremblaient. La profondeur relativement faible de certains événements, estimée autour de 10 kilomètres pour la secousse principale dans les comptes rendus publiés, explique en partie pourquoi les mouvements ont pu être ressentis à plusieurs dizaines de kilomètres.

Le 24 et le 25 octobre, la terre bouge encore

L’activité ne s’est pas arrêtée après la nuit du 21 au 22 octobre. Le samedi 24 octobre, plusieurs événements ont de nouveau été enregistrés près de Saint-Amant-Roche-Savine. La liste automatique du CEA fait notamment apparaître des magnitudes de 3,6 à 11 h 04, 2,7 à 15 h 55, 3,1 à 16 h 22, 3,0 à 21 h 30 et 2,7 à 22 h 51. Ces valeurs proviennent de détections automatiques, qui ne doivent pas toutes être considérées comme des résultats définitifs.

Un autre événement de magnitude 3,1 apparaît dans la liste du CEA le dimanche 25 octobre à 20 h 18, à environ 4 kilomètres au nord-ouest d’Ambert. Cette secousse constitue le dernier événement du Puy-de-Dôme visible dans la liste consultée au 31 octobre. Elle marque un repère intéressant pour suivre l’évolution de la séquence : après plusieurs journées très actives, les événements les plus marqués semblent s’être espacés.

Le calme est-il revenu ?

Les données disponibles vont dans le sens d’une accalmie nette. Dans la liste des derniers événements sismiques publiée par le CEA et consultée le 31 octobre, les événements les plus récents concernent notamment la Haute-Savoie, mais aucun nouveau séisme du Puy-de-Dôme n’apparaît après celui du 25 octobre à 20 h 18. Cela ne signifie pas nécessairement que toute activité microsismique a disparu. Les réseaux peuvent détecter des événements très faibles, et les catalogues sont régulièrement complétés ou corrigés après analyse.

Il faut donc distinguer trois situations : l’arrêt des secousses ressenties, la diminution des séismes de magnitude notable et la disparition complète de toute activité sismique mesurable. Les informations disponibles permettent de constater une accalmie des événements les plus marqués, mais elles ne suffisent pas à affirmer que le sous-sol est totalement redevenu silencieux.

Le terme d’« essaim sismique » est employé par les spécialistes pour décrire cette succession de séismes rapprochés dans le temps et dans l’espace. Contrairement au schéma classique d’un séisme principal suivi de répliques, un essaim ne présente pas nécessairement un événement dominant. Plusieurs secousses peuvent se succéder, puis l’activité peut diminuer avant de reprendre. La durée de ces épisodes est variable : quelques heures, plusieurs jours, voire plusieurs semaines.

Un phénomène qui ne signifie pas un réveil des volcans

La proximité du secteur avec les paysages volcaniques du Massif central a naturellement suscité des interrogations. Pourtant, les épicentres signalés autour d’Ambert et du Livradois-Forez ne se situent pas dans la chaîne des Puys. Les informations disponibles ne permettent pas d’établir un lien direct entre cet essaim et un éventuel mouvement de magma sous les volcans auvergnats.

Les chercheurs s’intéressent notamment aux failles géologiques et à la circulation des fluides en profondeur. La région a déjà connu un épisode sismique en 2023-2024 autour d’Ambert, dans un secteur proche. Des travaux scientifiques portent aussi sur la composition chimique et gazeuse des eaux de source, qui peut apporter des informations sur les phénomènes géologiques souterrains. Ces pistes font partie des recherches en cours ; elles ne constituent pas encore une explication définitive de l’épisode d’octobre 2026.

Les communes concernées par les secousses

L’activité s’est concentrée dans l’est du Puy-de-Dôme, principalement dans le secteur d’Ambert et du Livradois-Forez. Les communes citées dans les témoignages et les comptes rendus de l’épisode sont notamment Saint-Amant-Roche-Savine, Cunlhat, Grandval, Ambert, Job, Arlanc, Chaumont-le-Bourg, Marsac-en-Livradois, Le Monestier et Échandelys.

Des secousses ont également été ressenties plus loin, notamment vers Issoire et Cournon-d’Auvergne. Des témoignages ont été rapportés dans la Loire et en Haute-Loire, ce qui ne signifie pas que ces communes se trouvent dans la zone épicentrale. Il s’agit de lieux où des habitants ont déclaré avoir ressenti les vibrations.

Cette liste correspond aux communes mentionnées dans les signalements et les articles consacrés à l’épisode. Elle ne constitue pas une carte exhaustive des zones où les secousses ont pu être perceptibles. La distance à l’épicentre, la profondeur du séisme, la nature du sous-sol et les caractéristiques des bâtiments peuvent modifier fortement les sensations d’un lieu à l’autre.

Le bilan au 31 octobre 2026

À la date du 31 octobre, les éléments disponibles permettent de retenir plusieurs faits : l’épisode a débuté le 16 octobre dans le secteur de Montbrison avant de toucher l’est du Puy-de-Dôme ; plus de 700 événements ont été recensés dans la séquence selon le bilan rapporté le 28 octobre ; la secousse la plus marquante dans le secteur d’Ambert a atteint une magnitude de 3,6 selon le RéNaSS ; de nouveaux événements, dont une magnitude 3,6, ont encore été détectés le 24 octobre ; enfin, le dernier événement du Puy-de-Dôme figurant dans la liste consultée du CEA date du 25 octobre à 20 h 18 et affiche une magnitude de 3,1.

L’épisode semble donc avoir perdu de son intensité et les secousses les plus marquées se sont espacées. Il est toutefois trop tôt pour parler d’une fin définitive de l’essaim : seule la poursuite des observations sismologiques permettra de confirmer si cette accalmie se prolonge.

Repères à retenir

Indicateur Donnée disponible
Début de la séquence 16 octobre 2026
Événements recensés dans l’essaim Plus de 700 au 28 octobre
Magnitude principale retenue par le RéNaSS 3,6
Autre estimation publiée 3,8
Nouvelle secousse marquante 24 octobre, magnitude 3,6
Dernier événement du Puy-de-Dôme visible dans la liste du CEA consultée 25 octobre, 20 h 18, magnitude 3,1
Situation au 31 octobre Accalmie apparente